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Le prolongement de l’autoroute 25 : bar ouvert pour les amis libéraux
En dépit de toute logique, le Gouvernement libéral va de l’avant avec le projet de prolongement de l’autoroute 25. Mais quelle en est la vraie raison ?
L’est de Montréal est déjà particulièrement touché par la pollution avec ses industries pétrochimiques, les épisodes de smog de plus en plus fréquents et présents maintenant en hiver. On y remarque déjà un niveau de santé bien inférieur à la moyenne de l’Île de Montréal. Le transport automobile est le principal responsable du smog. Dans son rapport, la commission du BAPE fait ce constat :
« La commission note que l’état de santé de la population de l’est de l’île de Montréal serait dégradé par la mauvaise qualité de l’air ambiant. Compte tenu de l’augmentation de la circulation anticipée par le ministère des Transports du Québec sur l’autoroute 25, il est possible que dans les quartiers situés à proximité, les effets cumulatifs du projet sur la qualité de l’air se traduisent par une détérioration de la qualité de vie des résidants. »
La réduction de gaz à effet de serre dont se vante le gouvernement n’est en fait que de 0,4% ! Les réductions d’émission des autres polluants sont encore plus minimes : le monoxyde de carbone, -0,1% ; les NOx, -0.04% ; les particules, -0,2%. Autant dire que c’est complètement insignifiant. Toutes ces estimations de réductions négligeables d’émission ne sont bien évidemment valables qu’au lendemain de l’ouverture du nouveau pont. Quelques années plus tard, l’étalement urbain faisant son oeuvre, ces réductions ne seront plus qu’un amer souvenir d’une duperie sans nom. D’ailleurs, la commission du BAPE le reconnaît :
« La commission constate que le prolongement de l’autoroute 25 pourrait contribuer à une très légère réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, cette réduction pourrait être de courte durée puisqu’elle serait progressivement annulée par la croissance prévue par le ministère des Transports du Québec de l’utilisation de l’automobile dans l’agglomération de Montréal pour les prochaines années. »
Selon les estimations du Ministère des Transports du Québec, l’achalandage du transport en commun va diminuer dans la région de Montréal avec l’avènement du pont de l’autoroute 25. Ce qui va à l’encontre de toute logique de développement durable. L’est de Montréal a un système de transport en commun déficient. Par exemple, pour se rendre de Pointe-aux-Trembles à l’Université de Montréal, il faut environ 1h 40 min. L’augmentation du transport en commun est la seule solution acceptable pour décongestionner les rues de l’Île de Montréal. La priorité doit être le transport en commun. La commission du BAPE a été très claire sur ce sujet :
« Avis 36 - La commission considère que, si des choix devaient être faits sur la base de disponibilités budgétaires, les projets de transport en commun de l’est de l’agglomération de Montréal devraient avoir préséance sur le prolongement de l’autoroute 25, compte tenu du consensus en faveur du transport en commun chez les participants à l’audience publique, y compris les instances décisionnelles. »
La Ville de Montréal est contre le projet et elle mérite notre soutien. 76% de la population de l’Île de Montréal est contre le projet et préférait voir un investissement massif en transport en commun. Malgré cela et sans aucun débat public, le Gouvernement libéral va de l’avant avec son projet. La commission du BAPE recommande pourtant un consensus métropolitain :
« Avis 37 - La commission est d’avis que le devenir du projet de prolongement de l’autoroute 25 devrait être discuté au sein de la Communauté métropolitaine de Montréal, avant que le gouvernement du Québec ne prenne une décision sur celui-ci, de façon à préserver le consensus métropolitain sur le transport en commun. »
Ce projet irresponsable coûterait 400 millions de dollars selon les dernières estimations dont la moitié viendrait de la poche des contribuables si, bien entendu, le budget n’est pas dépassé. Tout ça pour des gains environnementaux à court terme insignifiants en hypothéquant sur l’avenir.
Alors pourquoi allez de l’avant avec ce projet ? Peut-être pour favoriser des amis du parti libéral. Selon le Journal de Montréal, les trois principaux propriétaires de terrains le long du futur tracé de l’autoroute sont la compagnie Monit International, la Ville de Laval et le Gouvernement du Québec.
La compagnie Monit International possède dans le secteur 33,2 millions de pieds carrés acquis entre 1986 et 1988. Son président, Alex Kotler est un souscripteur à la caisse du parti libéral. Selon La Presse, en 1988, la famille d’Alex Kotler a fourni 6 000$ à la caisse du Parti Libéral. En 1989, le gouvernement libéral de Bourassa change le zonage de ses terrains à Laval. La valeur marchande de ses terrains est présentement de 7,6 M$ (millions de dollars) et passerait à la construction de l’autoroute 25 à 45,8 M$. Soit un bénéfice de plus 38 M$ !
La Ville de Laval possède quant à elle 23,7 millions de pieds carrés d’une valeur actuelle de 13,1 M$. Avec le prolongement de la 25, la valeur de ces terrains atteindra 78,8 M$. Soit un bénéfice de plus de 65 M$ pour la Ville de Laval !
Dans une moindre mesure, le Gouvernement du Québec possède dans la région 13.6 millions de pieds carrés d’une valeur actuelle de 2,8 M$. Cette valeur augmentera à 16 M$ avec le projet de la 25.
Ce n’est évidemment pas pour le bien public que le gouvernement libéral met en oeuvre ce projet. Et le soudain penchant de M. Charest pour le développement durable n’est qu’une vaste mise en scène dictée probablement par quelques spin-doctors indifférents à l’avenir de nos enfants. Il ne faut pas également oublier que M. Mulcair est un député de Laval et s’il veut conserver son poste, il est mieux de faire plaisir à ses électeurs. C’est à se demander si le parti libéral, en se voyant dans l’impossibilité de se faire réélire à la prochaine élection, n’en profite pas pour favoriser les amis du parti.
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