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La sécurité énergétique passe par la réduction de notre consommation
Dans son article du 1er mai 2004 dans La Presse, de quelle sécurité parle M. Caillé ? De la sécurité d’affaire d’Hydro-Québec ? De sa sécurité financière ? De sa propre sécurité d’emploi ? Certainement pas de la sécurité du futur de nos enfants et de notre planète.
La façon de M. Caillé de voir la sécurité énergétique est directement reliée à sa fonction première : faire fructifier les revenus d’Hydro-Québec. A-t-il seulement songé qu’il n’y a pas qu’une seule vision de la sécurité ?
Sa vision en est une d’affairiste et d’économiste. Bien sûr que la croissance économique et le développement énergétique vont de pair. Le problème est que le véritable développement durable et la croissance économique ne vont pas de pair. Augmentation de la richesse veut dire exploitation de plus en plus importante des ressources naturelles et notre planète, il faut peut-être lui rappeler, est de dimension finie.
M. Caillé se vante de supporter l’éolien alors qu’Hydro-Québec a systématiquement dénigré cette filière. Le développement de 1,000 MW d’éolien en 10 ans n’est pas du tout audacieux, on a juste à penser au potentiel éolien de plus de 400,000 MW.
M. Caillé parle de 92,500 nouvelles résidences bâties au cours des deux dernières années. Combien d’entre elles ont été bâties selon les meilleures technologies d’efficacité énergétique ? Un nombre ridicule. Autant d’occasions ratées de réduire au maximum l’impact énergétique de ces nouvelles résidences. On ne peut donc que douter de la réelle volonté d’Hydro-Québec et du gouvernement de faire des économies d’énergie.
De plus, ses nouvelles résidences sont, pour la plupart, bâties en banlieue, conséquence d’un étalement urbain sans aucun contrôle et qui augmente la consommation d’énergie. Il est reconnu qu’une habitation en milieu urbain consomme beaucoup moins d’énergie qu’une habitation en banlieue. Voulons-nous continuer ce gaspillage d’énergie causé par l’anarchie actuelle du développement résidentiel ou faire de l’économie d’énergie un véritable projet de société’ ?
Notre climat ne nous donne pas l’excuse de consommer plus d’électricité car plus le climat est chaud, plus on climatise et donc plus on consomme. De plus, notre climat change et Mr. Caillé en serait en partie responsable si le projet du Sûroit se concrétisait. Si la prudence est la mère de la sécurité comme nous le rappelle Mr. Caillé, alors appliquons le principe de précaution et réduisons nos émissions de gaz à effet de serre.
L’implication d’Hydro-Québec en efficacité énergétique est ridicule. Depuis 1990, Hydro-Québec a constamment réduit ses efforts, le budget du projet d’efficacité a été divisé par seize depuis 1992. Il serait impératif qu’Hydro-Québec investisse au minimum 1% de ces revenus en efficacité énergétique. Aujourd’hui, Hydro-Québec n’en investit que seulement 0.05% soit 20 fois moins ! Cet effort n’a rien d’héroïque !
L’argument de la pollution de nos voisins du sud ne tient plus car nos voisins construisent maintenant principalement des centrales thermiques au gaz toutes aussi « performantes » que celle du Suroît. Comme M. Caillé le précisait, la pollution n’a pas de frontière : polluer aux États-Unis ou au Québec, il n’y a pas de différence.
En réalité, même en regardant par la lorgnette de M. Caillé, il y a une différence car nous n’aurions un déficit énergétique que pendant cinq ans et la vie d’une centrale est de plus de vingt ans.
Contrairement à ce qu’affirme M. Caillé, une centrale thermique au gaz n’est pas performante sur le plan environnemental mais c’est plutôt la filière thermique la moins polluante. Sur le plan environnemental, les centrales thermiques ne sont pas acceptables. Et qui partage si largement sa vision de sécurité énergétique ? Certainement pas la population dont 80% se rejette la centrale.
Et pour terminer, il faudrait rappeler que la priorité ne doit pas être la filière hydro-électrique comme le propose M. Caillé, mais plutôt la filière d’efficacité énergétique et de réduction de notre consommation d’énergie. Une autre preuve que cette dernière filière n’est pas envisagée avec sérieux par lui.
Xavier Daxhelet Parti Vert du Québec
Au sujet de l’efficacité énergétique, nous vous invitons fortement à lire le mémoire déposé par le Parti Vert du Québec auprès de la Régie de l’Énergie dans le cadre de la consultation sur la centrale du Suroît. C’est un travil de vulgarisation très bien mené qui vous permettra de mieux comprendre une partie des enjeux de l’opposition à ce projet dangereux.
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