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Une hausse des tarifs d’électricité? Enfin!

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 Les dirigeants d’Hydro-Québec ont récemment annoncé qu’ils désiraient hausser les tarifs d’électricité et ont affirmé remettre le dossier « entre les mains des politiciens ». Cette initiative semble s’inscrire dans la tentative de hausse des revenus de l’État engagé par Jean Charest et dont je vous avais glissé un mot précédemment. Voilà une belle opportunité de remettre les pendules au sujet des prix de l’électricité au Québec.

La réalité est que les prix ont été maintenu artificiellement bas depuis trop longtemps et que nous sommes maintenant parmi les plus grands gaspilleurs d’électricité au monde. Ce que l’on appelle le « bloc patrimonial » est en réalité une subvention sous forme d’électricité que le gouvernement accorde à tout le monde. Ce contrôle rend le prix artificiellement bas et créer nécessairement une distorsion dans les incitatifs qui cause une consommation excessive.

Certains affirment toutefois que cette électricité nous revient puisqu’elle est le résultat d’un « investissement collectif » dans les barrages. Certes, le revenu des ventes d’électricité est notre propriété collective, mais il n’y a aucune raison pour que cette argent sous distribué sous sa forme actuelle, soit une subvention à la surconsommation. Si Hydro-Québec reçoit plus d’argent, elle va tout simplement verser ces sommes dans les coffres de l’État et on pourra choisir démocratiquement ce que l’on en fait – que ce soit sous la forme d’investissement dans la santé ou de baisse d’impôt. L’argument qui dit que notre électricité a l’avantage d’être relativement propre est aussi vrai. Cependant, chaque mégawatt que nous gaspillons, en plus de nous être vendu en deçà de sa valeur réelle, ne pourra être revendu à profit à l’étranger. Les ressources collectives que nous investissons dans Hydro-Québec sont aussi gaspiller car elles pourraient être employées plus efficacement ailleurs.

À cause de la hausse constante de la consommation, Hydro-Québec doit maintenant détourner des rivières et propose encore la construction de nouveaux barrages. Leurs construction n’est certainement pas la manière la plus écologique d’obtenir notre énergie.

Évidemment, il faut éviter que les hausses de prix causent des torts réels aux plus démunis. Rien n’empêche de redistribuer une partie de l’argent provenant des hausses sous forme de réduction d’impôt ou de subvention pour améliorer l’efficacité énergétique. Certains proposent même de donner gratuitement le bloc patrimonial et de hausser significativement les tranches supérieures. Dans ce cas comme dans d’autres, l’important est que les prix reflètent tous les coûts associés à notre consommation.

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Qui subventionne quoi?

Les tarifs ne sont pas artificiellement bas. Ils reflètent les coûts de production et de distribution de l'électricité. Ils génèrent même des profits à l'État. Est-ce dire qu'ils sont artificiellement élevés? Le gouvernement harnache d'autres rivières précisément parce que Hydro-Québec rapporte beaucoup.
La réalité est que les profits générés par les tarifs sont déjà utilisés pour subventionner et ainsi maintenir artificiellement bas le coût d'autres secteurs d'activités de la société.

Pourquoi parle-t-on actuellement de hausser les tarifs? Pour réduire le déficit qui lui-même résulte de la crise et des mesures de relance. Or ces mesures de relances ne sont nullement axées sur l'économie d'énergie, bien au contraire. Parmi ces mesures, on retrouve:

  • l'investissement dans les infrastructures;
  • le crédit d'impôt à la rénovation.


Le crédit d'impôt s'applique à pratiquement toutes les rénovations. Ainsi, le gouvernement subventionnera autant l'agrandissement d'une maison, l'installation d'un foyer, d'un système de climatisation, la construction d'un garage que des rénovations visant à réduire la consommation d'énergie. Quant aux infrastructures, elles concernent principalement les viaducs, routes et autoroutes.

S'il est vrai que les québécois sont de grands consommateurs d'énergie, l'augmentation des tarifs ne saurait être acceptable que dans une perspective d'investissement pour réduire notre dépendance au pétrole et pour réduire notre consommation d'énergie. Or, actuellement, la hausse des tarifs n'est qu'un prétexte pour subventionner des activités incompatibles avec la réduction de notre consommation d'énergie.