En ville avec ma voiture

Sujets:

C’est en ce 22 septembre (malheureusement pluvieux) que l’on
« célèbre » la journée « En ville sans ma voiture ». Les
objectifs de cet évènement est de « favoriser une réflexion commune et de
contribuer à faire changer durablement les comportements en faveur de modes de
transports collectifs et alternatifs ».

La fermeture d’un quadrilatère du centre-ville se fera
cependant de entre 9h30 et 15h30. Bref, quand tous ceux qui utilisent leur
voiture pour aller au travail en auront plus besoin. Malheureusement, on ne change en rien les habitudes
quotidiennes : la plupart des automobilistes vont trouver fort sympathique
de voir du gazon au centre-ville, mais pourront rentrer à la maison dans le
confort de leur voiture. Il semble donc qu’il faut placer cet évènement de la « conscientisation »,
ce qui est malheureusement souvent un synonyme d’inoffensif. Les usagers du
transport en commun pourront toutefois se réjouir de profiter d’un voyage
gratuit!

J’exagère peu être un peu. Des évènements de ce genre ont au
moins le bénéfice de nous rappelé l’importance qu’a prise l’automobile dans nos
vies et dans nos villes. Il est important de noter que, compte tenu du manque
de capacité en transport en commun, il serait assez irresponsable de surcharger
le réseau pour une journée seulement (je suis allé me promener ce midi et,
paradoxalement, il y avait une grosse congestion sur René-Lévesque à cause du
débordement). Le but n’est certainement pas de créer du ressentiment. La
pression de s’établir au centre-ville n’est plus aussi grande et le risque est
réel de voir les entreprise le déserter.

Il y a toutefois un bémol important qui permet de souligner
l’ignominie de certains écologistes : il serait irrespectueux de blâmer
les gens qui utilisent leur voiture si des alternatives ne sont pas en place. Si
les trains de banlieue roulent déjà à pleine capacité, les banlieusards n’ont
certainement pas besoin d’être conscientisé; ils ont besoin d’un meilleur système
de transport en commun.

Il ne faut pas se voiler la face : la voiture, malgré
tous les dommages sociaux et environnementaux qu’elle cause, demeure le moyen
de transport le plus pratique et le plus confortable. En ce sens, elle demeure
un choix individuel intéressant. Si on veut faire changer « durablement
les comportements », il faut d’abord offrir des alternatives crédibles (« Build
it and they will come », comme disait le poète). On sombre cependant dans
un cercle vicieux : comment offrir des alternatives si on doit imposer un
frein aux automobilistes pour les financer? Un doit venir avant l’autre. Le
transport est aussi un système avec plusieurs interdépendances; si on augmente
le capacité, va-t-on simplement encourager l’étalement urbain? 

Toutes ces questions sont fort complexe et j’espère pouvoir profiter
de l’annonce du projet d’expansion du métro de Montréal (que l’on devra peut-être
bientôt appeler le métro de Longueuil-Montréal-Laval…) pour y revenir bientôt.

 

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