Don de sang chez les homosexuels

Depuis mars dernier, le monde entier vie sous la pression constante d’un ennemi invisible, la COVID-19. Cette crise sanitaire décourage les rassemblements et par le fait même, les sorties non-essentielles. Pourtant, d’autres problèmes de santé n’arrêtent pas ou ne ralentissent pas pour autant; des accidents surviennent tout de même et des traitements doivent se poursuivent. C’est pourquoi Héma-Québec rappelle l’importance du don de sang malgré le contexte de la pandémie.

Depuis les années 1980, malheureusement, en raison de nombreux préjugés homophobes, biphobes et queerophobes, cet organisme a restreint une partie de la société pour contribuer aux dons. En effet, toute personne assignée homme à la naissance (homme, personne queer, personne non-binaire, femme trans, etc.), ayant eu une relation sexuelle avec une autre personne dans la même situation se voit toujours contrainte, en 2020, de se tenir abstinente pour une période de trois mois avant d’effectuer un don de sang. Cette règlementation a comme origine l’apparition du VIH, alors que cette communauté était la plus touchée : « La prévalence du VIH se situe à près de 15 % chez ce groupe par rapport à bien moins de 1 % chez les hétérosexuels ou les lesbiennes ». Au Parti Vert du Québec, nous ne comprenons toujours pas pourquoi cette discrimination persiste. Non seulement cette privation est contre-productive, mais elle encourage des préjugés et des stéréotypes aberrants à l’endroit des homosexuels, des bisexuels et des personnes d’expression de genres et d’orientations sexuelles diverses.

Depuis, les choses ont bien changé. De nouvelles données de l’Agence de la santé publique du Canada démontrent que seule une personne issue de la communauté LGBTQ2+ sur 200 est à risque d’attraper le VIH par année, soit 0,5 %. Donc, 99,5 % des membres de la communauté ne le sont pas, et ne devraient donc pas être abstinents trois mois avant de faire le don de sang.

Nous comprenons que par le passé, il y a plus de trois décennies, les études étaient réalisées à partir d’informations partielles, voire incomplètes. Réalisées dans un contexte profondément homophobe, ces dernières comprenaient de grands flous, comparables à ce que nous vivons présentement avec la crise de la COVID-19. D’ailleurs, il est arrivé des propagations du coronavirus lors de transfusion sanguine. Or, les normes nationales, appliquées par Héma-Québec, sont déterminées par Santé Canada dans le but de protéger le donneur et le receveur. De ce fait, tous les dons de sang sont testés et qualifiés. Ces tests permettent de dépister entre autres le cytomégalovirus (CMV) sur certaines poches, l’hépatite B, l’hépatite C, la syphilis, le virus du Nil occidental (VNO), le virus HTLV et le virus VIH. Cette solution, soit de tester l’ensemble des dons plutôt que de faire usage de restrictions hautement problématiques, est beaucoup plus plausible en 2020.

Depuis 1988, plusieurs améliorations quant aux processus de dépistage ont été mises en place. Sur le site d’Héma-Québec, on peut y lire dans les mesures de sécurité, que depuis janvier 2001, des tests d’acides nucléiques ont été effectués sur les dons. Ces tests servent à dépister le VIH, « virus causant le sida ».

Ces changements sont importants, non seulement au nom de l’égalité, mais aussi pour augmenter le bassin de potentiels donneurs. Selon Guillaume Savard, fondateur de Queer For Change, la fin des mesures discriminatoires permettrait une importante hausse de 400 000 donneur-euse-x-s au pays.

En tant que Porte-Parole de la santé et Porte-Parole LGBTQ2+ pour le Parti Vert du Québec, nous demandons au gouvernement d’agir contre cette discrimination basée sur l’identité de genre, l’expression de genre ou l’orientation sexuelle relativement aux dons de sang.

Nous souhaitons également donner notre appui au projet Avec notre sang, une initiative visant à rallier les personnes victimes de cette discrimination afin de démontrer que leur sang peut sauver des vies, sans représenter un danger pour la santé.

Depuis des années, et surtout en ces temps difficiles de pandémie et de crise sociale et sanitaire, nous constatons une pénurie dans les dons de sang. Il est de notre devoir d’y remédier, puisque la contribution de tous-tes-x est vitale.

 

Valérie Fortier, Porte-Parole en santé

Vincent J.Carbonneau, Porte-parole LGBQT2+

 

Sources :

 

 

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