Ce 10 septembre marque la journée mondiale de la prévention du suicide. Cette journée est importante pour moi sur le plan personnel, car comme plusieurs j’ai perdu un ami, un collègue, bref un.e proche. Selon des statistiques québécoises, chaque jour, trois Québécois s’enlèvent la vie. Les hommes représentent la majorité des cas, soit les trois quarts.

 

Tous les gestes comptent, chaque geste sauve

La détresse émotionnelle n’épargne personne et, en tant que membre de plusieurs filets sociaux, tout le monde joue un rôle actif dans l’obtention de l’aide et de l’écoute pour les personnes en situation de vulnérabilité (psychologique). De petits gestes qui comptent, de petits gestes – en fait de grands gestes – qui sauvent. Que ce soit simplement de parler, d’écouter ou de montrer une présence (physique, émotionnelle, entre autres choses). Aucun geste n’est anodin.

 

Ce que vous ressentez, une personne l’a déjà ressenti : oser demander de l’aide

C’est important de demander de l’aide. Nous ne sommes pas seul.e.s sur la planète, donc soyez toutes et tous conscient.e.s que les émotions et les sentiments que vous ressentez ont déjà été vécus par quelqu’un.e avant vous, cette personne est sans doute près de vous, proche de vous, autour de vous.

 

Mettre des mots sur la souffrance pour la comprendre

Je comprends qu’au cours des moments les plus terribles voire les plus obscurs de notre vie, il est difficile de rationaliser. Pourtant, ce ne sont que des moments. C’est temporaire. Cependant, le mal qui suit la perte tragique laisse des cicatrices à vie pour les proches. Bien souvent, les proches des personnes parties, ceux et celles appartenant à leur réseau social, culpabilisent en disant qu’ils auraient dû voir les signes, qu’ils auraient dû agir. Plusieurs questions vont demeurer, demeurent, sans réponses et les contre-coups peuvent être autant dommageables.

C’est essentiel aussi de comprendre que de parler du suicide n’augmente pas la détresse émotionnelle. Souvent, poser des questions claires et mettre des mots sur les souffrances, signifier des gestes et donner du sens aux actions, aident à mieux comprendre la réalité vécue, présente.

 

De la distanciation physique mais pas sociale

Dans le contexte actuel d’une possible deuxième vague (pandémie COVID-19), comme individu soumis à la distanciation physique, il est impératif de rester le plus socialement en contact possible. Les consignes sanitaires exigent une distanciation physique, non pas sociale. Avec les technologies de la communication  d’aujourd’hui (téléphone – intelligent, plateformes socio-numériques que sont les réseaux sociaux, et j’en passe), cela n’a jamais été aussi facile cette préservation du lien social (entre les individus).

Si le non verbal parle, qu’il dit beaucoup, rien ne battra la verbalisation de la demande d’aide et celle du soutien en réponse à la demande. Rien n’équivaut en force la phrase suivante : « J’ai besoin d’aide! » et rien n’est aussi bénéfique pour soi que d’entendre : « Je suis là pour toi ». Il n’y a aucune honte à avoir lorsque l’on demande de l’aide, il n’y a aucun risque à offrir son aide.

 

Oser montrer sa fragilité et sa vulnérabilité

Nous vivons à une époque dans laquelle nous ne montrons pas toujours notre fragilité, particulièrement sur les réseaux socio-numériques. Nous sommes peu nombreuses et peu nombreuses à nous montrer vulnérables, fragiles, en souffrance, et quand c’est souvent le cas c’est dans un geste tragique.

Sur les réseaux socio-numériques, il est plus facile de maquiller notre réalité que de la laisser apparaître comme elle est; il est encore plus difficile de nous faire vraiment face, ou simplement faire face à – voire accepter, assumer – notre vérité comme fragilité et vulnérabilité. Nous craignons des autres : le regard, la désapprobation, la stigmatisation, l’humiliation. Nous craignons d’avoir honte, nous craignons le rejet.

Cela est vrai, mais sachons que ce que nous ne sommes pas seul.e.s dans la situation de fragilité et de vulnérabilité qu’est la nôtre, d’autres la vivent ou l’ont vécu, certain.e.s peuvent nous aider, elles / ils sont là, pour nous.

 

Si vous avez des questions ou vous désirez demander de l’aide, adressez-vous aux organismes de vos régions :

« Les centres de prévention du suicide

Les centres de prévention du suicide sont composés de professionnels, d’intervenants qualifiés et de bénévoles formés pour accueillir toutes les demandes d’aide et répondre à vos questions. De plus, ces organisations sont très actives dans leur communauté afin de prévenir le suicide. »

Vous trouverez ici la liste des centres de prévention du suicide.

Si vous avez besoin d’aide pour vous ou pour un de vos proches, contactez le 1 866 APPELLE (277 3553) et votre appel sera automatiquement acheminé à la ressource de votre région. »

Egalement, n’hésitez jamais à contacter le 9-1-1.

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