Cultiver des fruits et des légumes sur son terrain et dans un jardin communautaire est un passe-temps assez commun dans plusieurs villes. Mais aujourd’hui, un certain engouement pour cultiver sur les balcons, les toits des immeubles et sur les terrains vagues se répand au Québec et ailleurs. Quelles sont les raisons qui poussent les citadins à fournir ces efforts ?

Un texte de Jean-Pierre Duford, porte-parole en forêts et agriculture.

Plusieurs facteurs poussent le citoyen sensible à l’environnement de sa ville et de sa planète à participer à l’agriculture urbaine. Énumérons-en quelques-uns.

L’autonomie alimentaire est un de ces facteurs. Les prix des légumes ont tendance à augmenter et leur disponibilité est parfois problématique – en effet, de grands secteurs des villes peuvent être nommés des déserts alimentaires, soulignant le manque d’épiceries et de supermarchés vendant des fruits et légumes frais à proximité des consommateurs. Cultiver ses propres vivres permet donc à plusieurs personnes de bonifier leur apport en légumes et fruits, d’autant plus que le nouveau Guide alimentaire du Canada souligne cet apport de manière encore plus importante.

Plusieurs projets communautaires encouragent aussi la socialisation des citoyens, par la participation à la plantation, l’entretien et la récolte des cultures. Ceci est d’autant plus important étant donné que la plupart des personnes en région urbaine vivent seules.

Les projets d’agriculture sur les terrains vagues, les anciens stationnements et sur les toits des immeubles permettent également de contrer les îlots de chaleur, d’augmenter la biodiversité, de dévier les eaux pluviales des égouts et d’embellir des endroits qui seraient autrement peu ou pas végétalisés. De plus, de nombreux consommateurs préfèrent cette agriculture locale pour diminuer l’empreinte écologique du transport à longue distance des vivres, habituelle dans notre économie actuelle.

Un facteur non négligeable serait aussi l’augmentation catastrophique future du prix des fruits et légumes dû aux changements climatiques et ses effets sur l’agriculture, surtout dans des contrées loin du Québec. On n’a qu’à penser aux sécheresses qui touchent certaines parties du Mexique (provenance de 71% des légumes frais au Québec) et de la Californie pour s’imaginer la croissance déjà existante des prix de ces denrées de base. Et ces épisodes de météo extrême ne feront que s’accentuer à cause des changements climatiques déjà observables.

Tout ceci, et d’autres facteurs, encourage nombre de citoyens du Québec à participer de près ou de loin à l’agriculture urbaine. Déjà, des projets novateurs voient le jour : les fermes Lufa à Montréal qui cultivent des légumes sur les toits d’immeubles, ou ou encore l’arrondissement de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles, en collaboration avec la ville-centre, qui lance la première politique d’agriculture urbaine de la métropole. Sous un gouvernement vert québécois, les petites entreprises d’agriculture se verraient octroyer des subventions et de l’aide gouvernementales pour accroître l’attrait de la production agricole urbaine et rurale locales.

Bibliographie

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